Professeure de français, Dina Mottiez, 32 ans, lance une application de réservation de répétiteurs. Résultat de deux ans de travail après les cours

TribunedeGenève | Mardi26septembre2017

Nourrir plusieurs passions en parallèle, c’est une seconde nature chez Dina Mottiez. Elle n’a pas passé un, mais trois masters, en communication et médias, français et pédagogie. A 32 ans, poussée par son intérêt pour l’entrepreneuriat et le digital, elle a lancé Bulbee, une application qui met en relation élèves et répétiteurs. L’app propose un calendrier pour les rendez-vous, un carnet de contacts et de tarifs, ainsi qu’un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs. Disponible à Genève, l’offre devrait s’étendre prochainement à d’autres villes suisses.

Dans cette aventure, l’enseignante de français dans un collège genevois a mis beaucoup d’elle-même. A commencer par sa propre expérience: «Elève, je n’osais pas dire à mes parents qu’un répétiteur ne me convenait pas, car je savais la difficulté d’en trouver un. Lorsque j’ai moi-même donné des cours de soutien durant mes études, c’était une source de revenu importante bien que difficile à prévoir. Désormais, comme enseignante, j’entends des parents préoccupés quant aux difficultés rencontrées par leurs enfants à la maison.» De ces observations est née la conviction qu’il fallait simplifier l’accès au soutien scolaire. «Les petites annonces à la Coop, c’est bien, mais le smartphone est plus pratique.»

«La pression et la peur de l’échec, je les aime autant que je les honnis, confie-t-elle. C’est gratifiant de faire preuve d’endurance et de réussir.»

Bûcheuse, un brin «workaholic», la Genevoise a travaillé soirs et week-ends pour que Bulbee voie le jour. Elle a engagé un coach pour start-up pendant quatre mois. Il lui a fallu deux ans pour créer sa société et sa marque, constituer l’équipe de développement informatique et faire accepter à Apple et Google l’entrée de l’appli sur leurs boutiques en ligne.

Une prise de risque financière et psychologique qui s’est avérée payante. La start-up a remporté le premier prix de l’Aideas Forum de l’Université de Genève et intégré l’incubateur de l’EPFL, Swiss EdTech Collider. Consacrera-t-elle tant d’énergie à son entreprise qu’elle abandonnera son métier d’enseignante? «Je ne le lâcherais pour rien au monde! C’est ma première passion. L’important pour moi désormais est de bien cloisonner ces activités et de trouver un équilibre entre les deux.»

Blandine Guignier/LargeNetwork

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